21.02.2009

Homo lupus hominis

Il y a des scènes dans certains films qui vous glacent le sang et vous font douter de l'intelligence de l'Homme. Celles-ci tirées du film Joyeux Noël en font partie. Nous seulement les "élites" de l'époque sont sourdes, aveugles mais les autorités écclésiastiques et militaires aussi. De la part des politiques et des militaires, la compréhension est assez facile. Lutte de pouvoir, d'influence, de territoire etc. Et puis la guerre c'est après tout leur métier. Cependant, de la part des écclésiastiques, comme de cet évêque qui sermone - sic - l'aumônier parce qu'il a choisi de célébrer une messe entre parties adverses le soir de Noël et incité à la fraternisation, c'est cauchemardesque.

Nous sommes en décembre 1914, l'Ecriture est tout de même arrivée jusque dans les mains des écclésiastiques et les appels à l'amour du prochain, à le comprendre etc. y sont bien écrit. Peut-être n'avons pas la même lecture de ces textes ? Alors, comment comprendre que ceux qui sont sensés - j'écris bien sensés - appellé à la réconciliation et à la paix entre les peuples se comportent comme des "fils des ténèbres" ? C'est à en perdre sa foi.... en l'Eglise peut-être - si ce n'est déjà fait - et à se réjouir que l'Esprit souffle, Lui, au-delà des sphères institutionnelles comme le prouve le courage de ces capitiane et de ce prêtre dans ce film. La fraternité n'est pas qu'un mot, nous sommes invités à essayer de la vivre et à mettre tout en oeuvre pour respecter, rencontrer, aimer l'autre. C'est un défi, une gageure cependant si chacun d'entre-nous fait un pas vers l'autre, à l'image de ces soldats de 1914, peut-être que la rencontre aura lieu et que nous pourrons, ensemble, batir la paix, une cité plus juste et plus fraternelle. Encore un rêve mais à quoi servirait la vie si nous ne la passions pas à faire que nos rêves deviennent réalité....

 

29.10.2008

Frère du chemin

La crise financière qui sévit actuellement, cristallise autour de l'avoir. Comme cette question du travail du dimanche (faut-il tout le temps consommer, faut-il tout le temps faire la même chose). En fait, le problème de fond est celui de la gratuité. Problème essentiel de notre société qui cherche davantage le pouvoir, la main mise, le profit avant de chercher à Etre. Nous vivons véritablement une crise de l'être. Nous ne nous posons pas forcement les bonnes questions ou nous nous refusons peut-être tout simplement de nous les poser. Faut-il sans cesse courir après le temps, faut-il amplifier notre temps de travail, pour amplifier notre porte-monnaie ? (mon oeil...) ou le travail peut-il nous aider à être. Car certes c'est une activité économique mais c'est aussi un lieu de rencontre, un lieu de vie, un lieu qui nous donne de nous réaliser et de develloper notre humanité.

Avec certaine de celles que j'aime"La Vie c'est peu de temps pour apprendre à aimer" nous dit l'Abbé Pierre. Et si cette apprentissage nous le faisions davantage à la recherche de ce que nous sommes et pas de ce que nous pouvons avoir ? Et si nous nous souvenions de cette joie d'être ensemble, tout simplement ensemble, avec ceux que nous aimons du plus profond de notre être. Ceux pour qui nous franchirons les obstacles pour courir à leur rencontre, ceux pour qui la distance ne compte pas. Simplement parce qu'AIMER C'EST ETRE et qu'il n'y a pas de plus grand bonheur que d'être avec, tout simplement. Un regard, une présence, un sourire, même un fou rire autour de plaisanteries apparement puéribles font plus chauds au coeur que des monceaux d'or et d'argent. Oui c'est Etre qui compte, Etre avec, pour ne cesser de devenir soi puisque, une fois de plus, je martelle, encore et toujours que ce sont les autres qui vous font devenir ce que vous êtes. Ne cherchons pas plus loin, le secret du bonheur, ne cherchons pas plus loin ce qui peut nous rendre heureux. Simplement, savoir, non par l'intelligence de l'esprit, mais par celle du coeur, qu'il y a quelque part, quelques un(e)s qui vous aiment et que vous aimez.

Cet amour mutuel, partagé, échangé, multiplié n'est pas un hasard mais une rencontre. Rencontre qui ne cesse de nous faire être, rencontre qui nous fait savourer tout ce qui fait cette histoire batie au fil de la vie. J'ai la certitude qu'il n'y a pas de plus belle manière d'être dans cette vie que d'être, tout simplement, au quotidien, FRERE (ou SOEUR) DU CHEMIN.

08.05.2008

Le résonnance de l'altérité

L'individualisme est une tendance qui guette notre société. Paradoxalement nous n'avons jamais eu autant de moyens de communiquer, de favoriser la rencontre, d'aller vers l'autre et c'est les vertus inverses d'égoïsme, de chacun pour soi qui sont à l'honneur. Regardons un peu autour de nous où les valeurs d'altruisme, de générosité, d'ouverture aux autres sont remplacées facilement par des calculs et des comportements où c'est moi d'abord, les autres après. Je ne généralise pas et je ne mets pas tout le monde dans le même sac mais avouons quand même que parfois, même souvent, je m'intéresse d'abord à moi et ensuite si j'en ai le temps, le goût, l'envie voir même le besoin je m'aperçois qu'il y a d'autres personnes autour de moi. Nous pourrions peut-être faire l'effort de prendre le temps de prendre le temps, d'arrêter de toujours courir après le temps, que de toute manière nous ne rattraperons jamais, de savourer l'instant présent, juste cette minute qui passe, cette rencontre de l'ami(e) qui vient. Oui, apprenons à savourer ce qui fait l'ordinaire de nos jours, apprenons à savourer l'existence de l'autre pour juste ce qu'il est, même dans sa rudesse . Simplement parce que la différence fait grandir et enrichir.

Aussi, dans cette ouverture, posons nous parfois la question, selon la formule consacrée, de savoir non pas ce que l'autre peut faire pour moi, mais ce que moi je peux faire pour lui. Pas dans une démarche mercantile, ou dans un calcul, mais juste pour le plasir de faire plaisir à l'autre, juste pour le bonheur de recevoir la joie de l'autre, juste parce qu'il y a quand même plus de bonheur, de joie à donner qu'à recevoir, juste parce que ce monde serait quand même plus chouette si nous le faisions résonner avec toutes ces valeurs humanistes où c'est l'homme, mais quand je dis l'homme, j'embrasse toutes les femmes (lol), qui est au centre de nos préoccupations. Où c'est son intégrité physique, matérielle, affective,psychique... bref tout ce qui fait qu'il est Homme, qu'il est mon alter-ego, qui m'interesse et pas de savoir combien il gagne, ou ce qu'il fait dans la vie (je vous renvoie au dialogue entre le Petit Prince et son auteur). Apprenons à nous intéresser à l'Humain de chair et d'os, apprenons à faire jouer sa musique au plus profond de notre être et nous apprendrons à danser avec lui au son de cette harmonieuse mélodie que font nos deux musiques. Puisque ce sont les autres qui ne cessent de nous faire devenir ce que nous sommes.

Devenons et apprenons à devenir ces hommes et ces femmes avec et pour les autres. Notre monde, nous-même d'ailleurs irions certainement mieux. C'est dans l'ouverture et dans l'altérité que le monde ne cesse de devenir plus beau. Mais pour celà, n'attendons pas demain, c'est maintenant qu'il faut poser la première pierre pour qu'il devienne un chef d'oeuvre, non pas une construction matérielle mais une construction charnelle. Cela demande du temps, mais que c'est beau de pendre le temps de prendre le temps pour bâtir un chef d'oeuvre