20.04.2008

Benoit XVI à Ground Zero

 
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Voici la prière écrite par le Pape Benoît qu'il prononca ce dimanche 20 avril 2008 sur le site de Ground Zero, vestige des attentats du 11 septembre 2001 sur les tours jumelles du World Trade center.
 

"Dieu d'amour, de compassion et de salut
Regarde ces gens de divers credo et traditions

Réunis en ce lieu témoin de violence et de souffrance indicibles.

Nous en appelons à ta bonté

Concède la lumière et la paix éternelles

A tous ceux qui y sont morts

A ceux qui avec héroïsme ont porté secours

Les pompiers, les policiers, les agents de la protection civile et le personnel portuaire

A tous les innocents, femmes et hommes,

Victimes de cette tragédie

Parce qu'ils vivaient ou travaillaient ici le 11 septembre 2001

Aie pour chacun de la compassion

Allège les souffrances de qui a été blessé ce jour-là,

De qui est tombé malade depuis.

Allège aussi la peine de familles qui souffrent

Et de tous ceux qui ont perdu ici un être cher.

Donne-leur la force de continuer à vivre avec courage et espérance.

Souvenons-nous des morts, des blessés et des personnes privées des leurs,

Le même jour au Pentagone et dans un champ de la Pennsylvanie.

Que nos coeurs s'unissent aux leurs

Tandis que nos prières enveloppent leur calvaire.

Dieu de la paix, concède ta paix à ce monde violent,

La paix du coeur pour tout homme et toute femme,

La paix entre les peuples de cette terre.

Eclaire de ton amour ceux dont les coeurs et les esprits

Sont aveuglés par la haine.

Affectés par l'ampleur de cette tragédie, nous cherchons ta lumière et ton signal,

Dieu de compréhension, face à de tels actes.

Fais que les vies sauvées ce jour-là vivent afin que

Les vies perdues ne l'aient pas été en vain.

Réconforte et console, raffermit nous tous dans l'espérance.

Accorde-nous sagesse et courage afin que la paix véritable et l'amour

Règnent entre les peuples et dans le coeurs des hommes".

(traduction salle de presse du Vatican) 

 

 

14.02.2008

Laicité, j'écris ton nom laicité

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Monsieur le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a renvendiqué recemment, lors du discours qui a suivi son installation comme chanoine d'honneur de saint Jean de Latran, titre que l'on doit à Henri IV, à Rome, une nouvelle conception du rapport entre la réligion et l'Etat. Il a surenchérit un peu plus tard à Ryad pour parchever au cours d'un diner organisé par le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF).

Dans son discours, qui soit dit en passant est fort bien écrit, et contient un beau commentaire de la dernière encyclique de Benoît XVI, il y a quelques petites choses qui me font réagir. Je ne reviens pas sur ses convictions chrétiennes qu'il réaffirme, chacun chemine à son rythme et chacun à le droit d'exprimer ses convictions religieuses ou non convictions religieuses comme il le désire, c'est d'ailleurs cela la laïcité française. Est-ce de la responsabilité, de la compétence d'un chef d'Etat de donner son avis sur le bien fondé de la croyance religieuse ? Je ne pense pas, cela est du domaine de l'intime et, à ce titre, une dimension sensible de la vie de chacun. Le Président de la République n'a pas à me dire comment je dois penser, les critiques fusent suffisament à l'égard des clercs dans ce domaine pour que le politique ne tombe pas dans ce risque. Le Président se doit d'être au-dessus des parties et favoriser la cohésion nationale.

 Aussi, comparer la vocation religieuse à la fonction de Président de la République, c'est encore entrer dans la confision des genres. Je ne remets pas à cause l'investissement plein et entier de M. Sarkozy dans la charge que le Peuple Français lui a confié mais je ne pense pas que cela puisse être comparable. Devenir prêtre ce n'est pas rechercher le pouvoir, c'est essayer d'entrer dans une attitude d'ouverture sans cesse à l'autre, à accepter de devenir serviteur de ses frères à l'image du Serviteur, il n'y a pas de campagne électorale, ni de programme si ce n'est l'annonce de la Bonne Nouvelle. Il est nécessaire de cesser les analogies. Même si politique et religion peuvent dialoguer ensemble... Il en est de même dans la comparaison entre la morale de l'instituteur et du religieux.

Pourquoi vouloir absolument tout mélanger... Je n'attends pas du Chef de l'Etat une thèse sur le dialogue entre morale laïque et morale religieuse, ni de savoir si le monde est mieux sans ou avec une croyance en Dieu... Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !