27.11.2009

Vivre en Christ, dans l'Eglise, en ce monde et en ce temps

 

Il m'a été transmis le texte du Groupe de travail de la Conférence des Evêques de France, présidé par Claude Dagens, évêque d'Angoulême. Ce document intitulé « IndifférenManresa 2009 197.JPGce religieuse, visibilité de l'Église et évangélisation », a la saveur de l'Evangile, d'une Bonne Nouvelle. Il ne cède pas à la facilité en prônant des idées simples voire même simpliste, il prend racine dans la Tradition de l'Eglise pour y trouver pour les ressources nécessaires pour annoncer l'Evangile aujourd'hui.

Les lignes qui vont suivre n'en sont pas un résumé académique, mais un écho de ce que j'y ai entendu, comme appel, comme élan, pour vivre en et comme Chrétien, membre de l'Église, en ce monde et en ce temps.

Ce qui me frappe tout d'abord est ce message d'Espérance, et non de résignation qui parcourt ce texte. Il n'y a pas de démission, de remise à une fatalité mais bien un appel à entendre ce que le Christ désire nous faire saisir au coeur même des épreuves que connaît l'Eglise. Il s'agit de se réapproprier La Parole, qui doit être le centre de notre vie chrétienne. Cette Parole nous clame la fidélité de notre Dieu qui tient promesse de présence au milieu de nous. Aussi, il ne s'agit pas non plus de nous réfugier dans « ce qui marchait hier » mais de témoigner de ce qui fait « l'être » chrétien. C'est d'abord l'expérience spirituelle qui nous donne de témoigner du mystère pascal, coeur de notre foi. C'est véritablement au travers de ce témoignage que nous pourrons donner le goût de l'Autre. Nous avons tendance, peut-être, à rétorquer que ce qui fait obstacle à ce témoignage, c'est l'Église. Ce peut-être vrai, mais à condition de ne pas comprendre, intérieurement, ce qu'est l'Eglise.

Voilà pour moi, un autre marqueur essentiel de ce texte, la redéfinition de ce qu'est l'Eglise. Elle n'est pas une institution mais d'abord le sacrement de Dieu. Ce signe visible qui témoigne de l'Amour et de la de confiance indéfectible de Dieu pour chacun de nous. Par le don de son Fils et de l'Esprit Saint il vient nous donner mission de l'annoncer au Monde. C'est en puisant à la source de ce don que nous serons force de transformation à la fois pour le monde, mais de notre propre vie.

Ce document confesse, avec humilité, la fragilité de l'homme et sa capacité d'être blessé et de blesser. De même il atteste de cette présence insondable du mal en nos vies et dans le mal, bien qu’il fût anéanti par le sacrifice du Christ. Une fois, encore, loin de donner des réponses toute faites, il invite à poser notre regard et à se poser devant l'essentiel, le Christ. Etre Chrétien ne donne pas la réponse à cette question du mal mais permet de la traverser, avec un compagnon de route, le Christ. La croix doit nous donner de comprendre que cet instrument de supplice est devenue, par le Christ, un instrument de salut. Sur la croix, il a adressé à ses bourreaux, un message de pardon. A nous de nous plonger dans cette capacité de pardon, de nous unir au Christ pour vivre de son pardon. Ce texte nous invite à ne pas nous résigner à la puissance du mal mais à le combattre. Le quotidien est notre champs de bataille, pour illustrer cela, ce document nous donne pour exemple Charles de Foucauld ou Madeleine Delbrël qui vivait de la « pastorale de la bonté ». Associée à celle-là nous sommes aussi invités à vivre une pastorale de l'espérance qui est indissociable de la bonté. Avec force, les rédacteurs de ce document nous invitent à entrer en résistance contre toutes ces petites morts que nous pouvons semer au quotidien. Etre chrétien c'est demeurer résolument dans ces deux dynamique, la bonté et l’espérance, qui sont, elles-mêmes, les attitudes fondamentales du Père, envers chacun de nous.

Ce texte, pose, ensuite, les questions de transmission de la foi au regard de cette indifférence qui semble se faire jour, de plus en plus, en France. Il ne se voile pas non plus la face, mais s'interroge sur le fait que cette indifférence est peut-être due à une méconnaissance de ce qu'est le Christianisme. Les médias jouent ici un rôle majeur et ils ne montrent, trop souvent, qu'en surface une face organique du catholicisme incarnée par le Pape ou des déclarations hiérarchiques, parfois mal commentées ou mal expliquées voire tirées de leur contexte. L'originalité de ce texte consiste à comprendre et à trouver des lieux d'action au coeur même de cette indifférence. Pour autant, il ne cache pas la blessure, l'interrogation de ceux qui ont toujours connu la foi ou de ceux chargés de la transmettre d’une manière spécifique (prêtres, catéchistes etc.). A y regarder attentivement, nous pouvons saisir que cette annonce se fait d'une manière autre aujourd'hui, peut-être plus dans un compagnonnage à l'occasion de visite institutionnelle à l'Eglise et des interrogations de croyants. Ce texte nous invite à nous réjouir de ces personnes qui viennent demander le baptême, un sacrement pour eux ou leurs enfants, organiser des funérailles chrétiennes... Ce sont des passerelles qui, loin de n’être totalement que des rites de passages, sont des lieux où il est possible d'entendre quelque chose de l'Evangile mais aussi d’une Église qui écoute et accueille. Pour autant elle est présente également au coeur du monde, dans la multitude des engagements des chrétiens. Ce document invite fortement à ne pas dissocier ce qui serait présence au monde par l'action et une dimension, à proprement parler cultuelle. Les deux sont à lier et à vivre ensemble puisqu'elles s'interpellent mutuellement.

Dans cette présence au monde, nous sommes vivement invités à ne pas radicaliser, ni même minimiser notre identité de croyant. Nous le sommes et cela suffit oserais-je dire. Cela suffit si nous vivons en cohérence avec ce que cette identité contient. En même temps se dire catholique et le vivre suppose quelques attitudes fondamentales. Tout d'abord le texte insiste sur le lien avec la Parole de Dieu, ce n'est pas seulement un texte pieux mais une dynamique qui doit nous nourrir et nous dire qui est Dieu. La Parole est aussi le Pain pour la route, ce qui nous fait rencontrer Dieu et nous fait sentir et goûter intérieurement sa présence en notre vie et en notre monde. Aussi, il n'est pas possible de croire en Christ sans avoir le désir que d'autres partagent cette joie, cette découverte. Découverte qui passe par le mystère pascal et donc, par le combat contre le péché, qui laisse la part belle au mal dans notre vie et dans notre monde, même s’il est vaincu d'une manière définitive par le sacrifice de la croix.

Etre catholique n'est pas qu'une proclamation de foi et un engagement au coeur du monde, c’est aussi appartenir à un corps social qui est l'Eglise, à une communauté de croyants qui se rassemble au nom, justement, de cette foi dans le nom de ce Dieu, Père-Fils-Esprit Saint. Cette appartenance pose question aujourd'hui où se multiplient les occasions de faire des expériences spirituelles dans tant de lieux. Cependant, le lieu majeur où se fonde cette appartenance est la célébration des sacrements qui marquent et jalonnent la vie des croyants. Cela ne suffit pas à comprendre la nature même de l'Eglise, « qui est un signe et un moyen d'opérer l'union intime avec Dieu et l'unité de tout le genre humain » (Concile Vatican II, Gaudium&Spes n°1). Ce texte nous en parle comme le lieu où se mûrit « l'appel gratuit à devenir disciple » dans ce qui fait notre quotidien le plus banal. C'est le lieu où peut se comprendre et se faire sentir la fidélité de Dieu qui se dit en notre vie. C'est aussi le lieu qui nous fait devenir missionnaires. Etre chrétien, catholique, c'est oser affirmer sa foi dans sa vie, sans prosélytisme pour autant. Il y a tant de lieux de combats pour la dignité et le respect de l'homme dans la société où l'enracinement chrétien à des choses à dire (bioéthique, engagement social...). Aussi, dans ce témoignage nous avons à rendre compte de notre foi et de la manière dont elle nous fait vivre.

L'Eglise, comme corps constitué, souffre parfois d'une visibilité réductrice et amputée de sa nature même. Il est dangereux de ne la présenter qu'au travers de positions, d’annonces. Avant toute chose elle est une assemblée de croyants envoyés au coeur du monde pour annoncer l'insondable mystère de l'amour de Dieu pour chaque homme. Sa visibilité n'est que parce qu'elle se rassemble au nom d'un Autre, autour de sa Parole et des signes visibles de sa présence (sacrements). Il est dangereux d'appliquer la loi du nombre. Ce n'est par parce qu'il y a pléthore qu'il y a Église, c'est parce que des croyants sont rassemblés en son nom que l'Eglise se manifeste. Notre foi, notre appartenance à l'Eglise nous appelle à rejoindre le monde, comme en ambassade pour le Christ. Une présence, cette attention que nous portons au monde et à l'autre sont le signe de cette attention, de cette présence que Dieu a choisi de manifester à l'humanité par l'incarnation de son fils. Ce document insiste aussi sur l'unité de vie. Nous avons à relier nos engagements, notre présence au monde, notre quotidien à ce que nous célébrons et proclamons en Église. Une relecture de notre action, à la lumière de la Parole de Dieu, peut nous aider à y voir les traces de Dieu et à puiser, dans les sacrements, et spécialement dans celui de l'Eucharistie, la force et le discernement nécessaires pour continuer.

En conclusion, ce texte nous invite à devenir de véritables témoins du Christ mus par un véritable amour de l'échange notamment avec ceux qui ne partagent pas forcément notre foi ou qui ne la comprennent pas. Il ne s'agit pas de convaincre, mais d'expliquer, de rendre compte en se mettant à l'écoute de ce que l'autre à a me dire dans ce dialogue entrepris, véritable, ouvert et confiant. Dans ce dialogue, il faut compter également sur la présence de l'Esprit Saint qui en fera une véritable expérience spirituelle.

Aussi, ce témoignage, cette présence au monde ne peut pas se contenter de la simple générosité, la formation est importante. Comprendre ce que nous proclamons, d'où nous venons peut être utile pour enraciner nos engagements dans la foi, dans le nom de Celui qui nous appelle à la vie et à la mission. De même, il ne faut pas négliger la prière, la rencontre intime avec Dieu. C'est le lieu pour reprendre souffle et pour entendre les appels que Dieu nous fait. Cette prière peut-être personnelle mais aussi communautaire. Inviter à faire silence pour entrer en dialogue avec le Père peut être une manière aussi de l'annoncer.

Ce document nous invite à construire une véritable fraternité même dans la diversité d'opinion. Nous sommes invités à accepter la différence de l'autre et à vivre de ce pardon du Christ sur la Croix. Là réside, aussi, la vitalité d'une communauté, dans la capacité à pardonner.

Enfin, il devient important de nous enraciner, de nous laisser gagner par cette invitation à l'Espérance, surtout dans ces périodes incertaines. C'est ainsi que nous laisserons Dieu nous faire signe de sa présence au monde en nous laissant déplacer au sein même de nos résistances et de nos frilosités.


Ce texte mérite vraiment d'être lu et travaillé. Il n'est pas une somme de choses à faire pour que la foi soit présente au monde et que nous soyons tranquilles et bien rassurés dans nos pratiques quotidiennes. Il nous invite, tel l'Evangile, à nous mettre en route, à redécouvrir, dans l’Eglise, l'insondable mystère du Christ et l'héritage des siècles passés. Il peut parfois être aride et déplaire mais c'est peut-être l'occasion d'entrer en dialogue avec d'autres croyants et de se faire expliquer ce qu'il ressort de ces difficultés. Le souffle de l'Esprit s'est répandu sur ses auteurs, espérons que nous sachions le recevoir et en tirer la substantifique moelle pour notre vie.


Pierre-Baptiste Cordier

18.06.2009

Servir la "res-publica"

Etymologiquement, la république est la chose publique. S’engager en politique c’est d’abord être mû, j’espère, par ce désir d’apporter un renouveau, un bien à cette chose publique dont chaque citoyen, en démocratie, a la responsabilité. Nous sommes tous responsables de la cité. Au travers de scrutins électoraux, nous déléguons cette responsabilité à des hommes et des femmes qui sont appelés à nous en rendre compte au quotidien et pas seulement en période électorale. Les élections sont la confirmation ou l’infirmation de la bonne gestion du projet pour lequel nous avons mandaté ces représentants. Gageons qu’ils sont tous, de prime abord, sensibles à l’amélioration du bien commun, des conditions de vie de leurs concitoyens. Ensuite, ce sont les méthodes, les idées, les concepts et leurs mises en œuvre qui changent selon les partis politiques. Cependant, dans notre pays, nous pouvons avoir certains doutes et interrogations, tant l’image qu’ils renvoient, et ce dans l’ensemble de la classe politique, sans exception, est déplorable. Cette piètre image est peut-être la cause de cette désaffection du politique (tant au niveau du nombre d’électeurs qui se rendent aux urnes que du nombre d’adhérents au sein des partis politiques).


Il me semble que le combat d’idées, d’un modèle de société, d’une manière d’être laissé la place à la lutte à qui sera le plus populaire, le plus influent, le plus… C’est au bout d’un moment le pouvoir qui est recherché et non plus le service. Cependant, si nous voulons « refonder » la politique, il est indispensable de retrouver la motion première. C’est par l’exemple que nous pourrons redonner confiance à ceux que nous choisissions de servir. Il s’agit d’un service à rendre et non pas une soif de pouvoir à assouvir.

S’engager en politique, ce n’est pas d’abord partir à la quête d’un mandat. C’est s’inscrire d’abord dans une logique d’adhésion aux principes défendus par la famille politique choisie. C’est accepter le débat ad intra pour le porter sur la place publique. Au sein du parti politique, il est important d’appliquer la même éthique que celle que nous défendons à l’extérieur. Sinon, quelle crédibilité, quel chemin du service de nos concitoyens s’il n’y a pas de dialogue, de respect, de partages des idées ? Cela paraît une vue du monde politique très certainement utopique… Cependant, comment être crédible si le lieu d’apprentissage de la politique, n’est pas empreint de valeurs ? Le réel dit l’inverse : au sein même du parti, les luttes intestines existent. Qu’il y ait des divergences, des modalités différentes de mettre en œuvre les lignes de force, c’est plutôt sain. Mais ce qui apparaît, c’est bien plus faire taire celui qui ne pense pas comme le chef, par peur qu’il prenne la place. Cessons ce jeu de dupe. L’écoute est censée être l’un des fondements de toutes les relations humaines. Apprenons donc, surtout en politique, à écouter la parole de l’autre, même et surtout différente, elle enrichit. C’est le média principal de l’action politique, et par elle nous nous engageons et engageons les autres sur cette parole publique. Si nous ne voulons pas entendre chanter, à la fin de chaque discours, « paroles, paroles, paroles », soyons attentif à sa justesse. Elle doit résonner non seulement en cohérence avec l’action, mais aussi avec les idées.

Même s’il s’agit de l’exercice d’un pouvoir, l’action politique doit être avant tout orientée pleinement vers les autres, et non pas vers une catégorie de personnes. Même si le mandat qui est confié est le fait d’une partie, certes majoritaire, mais une partie seulement des électeurs. Il y a là un discernement à opérer et ne pas oublier la fin pour laquelle de l’élection existe : remplir un service pour le peuple. Il est indispensable d’avoir cela au cœur lorsque l’on s’engage en politique. Ce désir de se mettre au service des autres, de devenir une sorte de levier pour améliorer la vie quotidienne doit allier partage, débat d’idées et action. Ceci dans le respect d’une éthique. Il est inconcevable de faire n’importe quoi pour gagner des voix. Non seulement cela porte atteinte à la dignité de la politique et la décrédibilise, mais porte atteinte surtout à la dignité de l’homme. C’est sur les projets et leurs mises en œuvre que doit se jouer le combat politique.

Ce qui compte aussi, à mon sens, c’est la vérité d’une action associée à celle d’une parole. Celui qui s’engage en politique n’a pas la science infuse et le mandat qui lui a été confié ne lui donne pas une connaissance immanente. D’où l’importance de l’humilité, d’accepter de devoir s’appuyer sur d’autres, sur des collaborateurs, militants ou non, qui peuvent éclairer tel ou tel aspect. C’est une question de crédibilité. Accepter de déléguer, de travailler avec d’autres, de se laisser conseiller, même dans un militantisme de base, atteste que c’est un projet commun qui est porté, que c’est une équipe, une famille de pensée qui veut faire avancer, dans une certaine direction, les affaires publiques. Bien sûr, il faut des leaders, des têtes d’affiches, mais ce n’est pas une course au pouvoir solitaire ou une quelconque conquête du graal pour satisfaire un je ne sais quel nombrilisme. C’est marcher, ensemble, dans une même direction. C’est soutenir celui ou celle qui est « le meilleur d’entre-nous », le « plus apte » à nous représenter.

Porter une responsabilité politique, c’est véritablement entrer dans une démarche de médiation. Non seulement parce que l’on incarne une certaine idée du vivre ensemble pour ceux que nous représentons, mais aussi parce que nous avons à faire du lien. C’est peut-être ce qui manque le plus aussi. Nos concitoyens se plaignent de voir ceux qu’ils ont élus seulement en période de campagne électorale. Même si c’est faux, il demeure que la proximité est essentielle. Elle ne consiste pas seulement en des poignées de main mais dans une écoute véritable. C’est valable pour tout militant politique. Nos concitoyens ont sans doute plus besoin de sentir pris en compte de manière attentive et performative leurs problématiques qu’une pseudo-réponse immédiate et surtout peu pérenne (éviter le « je vous ai compris » suivi d’une non action). C’est une question de confiance, de respect et d’humilité.


Servir la « res-publica », c’est chercher avant tout à promouvoir, à mettre en avant, à soutenir tout ce qui peut améliorer le quotidien de nos concitoyens. Il est nécessaire de prendre de la hauteur et d’avoir en ligne de mire le bien commun, ce qui apportera des conditions aussi optimales que possible en vue d’un véritable vivre ensemble. Malheureusement, c’est trop souvent perçu comme des coups bas, les querelles de personnes, des petites phrases stériles le plus souvent, drôles parfois. Mais tout cela ne donne ni le goût de s’investir, ni de s’intéresser à un véritable débat d’idées. Alors pour redonner le goût de la politique, lui rendre ses lettres de noblesse, il faut que les militants et dirigeants politiques aient au cœur la vertu de l’exemplarité. Il est impératif que les idées prennent définitivement le pas sur tout autre chose qui parasite cette volonté de servir ses concitoyens. Le respect, l’écoute et la bienséance doivent être les maîtres-mots de l’agir en politique. C’est le porche d’une véritable éthique, d’une charte de bonne conduite de l’homme, de la femme politique.

01.06.2009

Une gratuité ontologique

De même que la justice est l’autre nom de la paix, la confiance est l’autre nom de l’Amour.

Notre société est en crise. Crise économique, crise financière, crise de sens, crise de valeurs, crise... nous pourrions décliner à l'infini les adjectifs autour de la crise. Cette crise touche ainsi toutes les strates de notre quotidien. Peut-être que nous pourrions résumer cette crise en un concept, celui de la course à l'avoir. Nous bâtissons souvent nos vies sur des possessions, nous désirons avoir toujours plus. Plus de pouvoir, plus d'argent, plus, plus et toujours plus. Cette soif d'avoir est peut-être une manière de nous rassurer, tant que nous avons, nous existons et pouvons prouver, aux yeux des autres, le poids de cette existence. Peut-être alors que cette crise peut nous permettre de comprendre qu'il ne s'agit pas de courir toujours plus mais de tâcher de chercher une qualité de vie, une vie qui se déploie davantage dans ce que nous sommes. Nous sommes invités, au risque de perdre notre vie, à passer de l'avoir à l'être.

Comme chrétien, nous pouvons, pour marcher dans cette voie, suivre Jésus au plus près et contempler de quelle manière il agit et fonde sa vie. Dès le début de sa vie publique, lorsqu'il appelle ses disciples, il ne leur promet rien. Jésus invite, propose, suggère. Il est toujours dans la gratuité de la rencontre. « Viens et suis moi », c'est un appel gratuit. Ce n'est pas « Viens et suis moi et je te donnerai un pouvoir, un titre etc... ». L'appel que Jésus fait à ceux qui désirent le suivre vient à l'inverse du récit de son passage au désert. Là, celui que le récit biblique appelle le tentateur, le diabolos (celui qui divise) est dans le donnant-donnant. Jésus lui se situe dans le registre de la gratuité, de la disponibilité totale et entière. Cette dernière est orientée à la mission confiée par le Père, celle d'offrir une vie « en abondance ». Jésus ne cherche jamais à posséder, ni des biens (il est toujours chez les autres), ni ceux qui l'accompagnent. Il ne cesse de renvoyer ses disciples à leur propre liberté, à leur propre responsabilité. Jésus n'oblige jamais. La parabole de l'homme riche en est l'exemple flagrant. Cela peut paraître décevant pour Dieu. Un Dieu qui ne commande pas, qui ne prend pas possession mais qui est tout à l'inverse dans le don, de l'offrande de lui-même. Un Dieu qui va même jusqu'à se mettre à genoux devant ceux qui sont à son école pour les appeler ensuite « amis » et non « serviteurs ». Nous sommes invités, comme chrétien à contempler ce Dieu là, qui ne cesse d'être pleinement ce qu'il est : puissance d'amour et qui ne garde pas celle-ci pour lui mais ne cesse de vouloir que nous l'accueillons pour vivre davantage. Un Dieu qui ne cherche qu'une seule chose que nous prenions, à sa suite, le seul chemin qui vaille en cette vie, celui de l'amour.

Ce chemin d'humanité de Christ parmi nous aurait pu se terminer à la résurrection et mettre un point final, devant cet énième refus par l'homme, du Salut, de cette entreprise d'humanisation de l'homme. Dieu choisit de persister dans son amour, non seulement par la résurrection mais par ses apparitions témoignant, comme une ultime fois, non seulement de la puissance d'Amour du Père mais aussi de la fidélité de sa Parole. Jusqu'à la Pentecôte inclus, Christ demeure dans cette constante de témoignage et de fortification de la confiance de ses amis. C'est un Dieu qui n'abandonne pas son projet, qui tient à ce que l'homme puisse déployer sa vie dans le service de l'autre, qu'il construire son bonheur dans une altérité sans cesse renouvelée.

Avant même sa passion, Christ a tenu à mettre en nos mains son corps et son sang. Rien n'est demandé en échange si ce n'est de faire cela en mémoire de lui. Dieu qui se livre, sous les espèces du pain et du vin, pour qu'à notre tour nous puissions nous livrer. Il ne s'agit pas d'entrer dans une démarche d'esclavage ou de subordination mais dans une démarche du don gratuit aux autres de ce que nous sommes, bien plus que de ce que nous avons. Les possessions n'engagent rien si ce n'est le risque de se faire voler, ou subir la dépréciation du temps ou des marchés. Donner ce que l'on a c'est une bonne chose mais donner ce que l'on est, est bien plus difficile. Cela sous entend tout d'abord de savoir qui nous sommes.

Christ, lui, est l'Etre en plénitude dans toute sa densité et c'est cela qu'il vient nous donner, nous partager dans le même mouvement. Christ ne se donne pas à nous pour que nous le gardions mais pour que nous le partagions. Christ est pain rompu disons-nous. Rompu pour être distribué largement, telle la bonne mesure tassée de l'Évangile. Rompu pour que le fruit de ce don soit démultiplié. L'institution de l'Eucharistie n'est pas assortie d'une récompense. Du commandement de faire mémorial nous sommes libres de le respecter ou non. Il n'y a pas de châtiment divin, ni de récompenses à la clef. C'est à des personnes responsables que Christ s'adresse. Il est une fois de plus dans le registre de la gratuité, de la proposition. Les disciples auraient très bien pu ne pas perpétuer cette demande devant l'échec de la mission de Jésus. Au cœur même de leurs peurs, de leurs incompréhensions dans la reprise de leur travail quotidien il y avait une confiance infinie dans Jésus. Confiance qui dit que tout ce qui avait été vécu ne pouvait pas s'arrêter. Le passage des disciples d'Emmaüs peut en être la cristallisation. Emmaüs nous révèle la force de l'Eucharistie, de ce pain de vie partagé, dans la gratuité de la rencontre. Puisque ce qui fait découvrir aux disciples qui est cet inconnu, c'est la fraction du Pain. Nous découvrons ainsi que ce signe et symbole de l’amour donné gratuitement qu’est l’Eucharistie ne peut se vivre que si nous avons une intime confiance dans celui qui se donne. Avoir confiance en Dieu, c’est reconnaître qu’il est celui en qui nous nous trouvons la force d’être et qu’il est lui-même : « la vie, la croissance et l’être ».

Ainsi pour recevoir la vie de Dieu il faut lui faire confiance. Et lui faire confiance, c’est accepter de faire confiance aux autres. C'est banal mais c'est essentiel. Si la confiance n'est pas de prime abord dans les relations que nous tissons, nous ne pourrons pas compter sur ce que nous sommes, sur ce que nous valons ontologiquement et serons alors obligés de nous reposer sur des choses extérieures, nous servant de faire-valoir.

12.03.2009

Merci la Mission de France

Dans ma note précédente j'évoquai l'excommunication des médecins et de la mère d'un fillette de 9 ans. L'Evêque de la Mission de France et son conseil réagissent :

 

Non, l’Eglise ne peut en rajouter à la souffrance !

 

 

logo_mdf.gifL’évêque de la Mission de France et son Conseil s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil, d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.


Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.

Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?


Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.

 

Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible.


 

+ Yves Patenôtre, évêque de la Mission de France et son Conseil.

 

08.03.2009

Incroyable

Je parcours ce matin les nouvelles sur le site du Parisien, via l'Iphone et un article attire mon attention. C'est un fait divers qui se passe au Brésil. Une fillette de 9 ans, violée par son beau-père, est avortée des deux jumeaux qu'elle porte à la demande - bien comprehensible - de sa mère. Jusque là, c'est tragique, incroyable, insoutenable, immonde et les adjectifs sont ici trop peu forts. Je poursuis ma lecture et constate avec effroi que l'équipe médicale et la maman sont frappés d'excommunication par l'évêque du lieu. Certes, bon c'est incroyable mais bon avec l'Eglise, tout est possible (comme avec d'aucuns d'ailleurs...) même et surtout le pire. Et vla que le Vatican par la bouche du cardinal Rey annonce son soutien à l'archevêque. Si ce n'était pas aussi incroyable et si cette histoire n'était si délicate c'est à pouffer de rire. Vous lirez dans l'article que la promotion de la vie passe au-dessus du rapport au réel.

Je m'interroge sur la version de l'Ecriture qu'ils ont au Vatican. Je veux bien qu'ils lisent en grec le texte originel mais il me semble que la phrase : "Ce que vous faîtes au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faîtes" existe chez Saint Jean, en grec aussi  ! A croire qu'un embryon est plus important que la vie et le devenir d'une fillette de 9 ans. C'est ubuesque quand même comme situation. Nous sommes vraiment en droit de nous demander si l'Esprit souffle à Rome ou s'ils veulent solder les comptes avec les progressistes (remarque avec des décisions comme celà on devient très vite progressiste...) et confier l'Eglise à la branche dure. Où est le bon sens pastoral, où est la raison intelligente et le discernement si chère à cette sainte Eglise ????

En faisant un raccourci et à la lumière des dernières décisions du Pape quant à la levée de l'excommunication des 4 évêques intégristes (qui ne sont pas prêt d'accepter Vatican II...), il est vite fait de penser qu'il vaut mieux mépriser la communion de l'Eglise, insulter le Peuple Juif et la mémoire de l'humanité en assenant des aneries que de vouloir promouvoir le devenir d'une enfant frappée par un geste abject.

Je suis démuni et interrogatif quant à cette Eglise. J'accepte humblement de ne pas avoir toutes les clefs en main et de porter un regard vif sur cette affaire mais bon, tout de même, il y a des limites à la stupidité humaine. Ou alors, Rome est frappé par le principe de Peters... Dans ce cas, réjouissons-nous elle est vraiment en phase avec le monde !

26.02.2009

Méditation sur l'Eglise



J'emprunte le titre de cet article au très beau livre à Henri cardinal de Lubac, sj écrit dans une autre situation de crise avant le second concile du Vatican. Ouvrage arride mais beau. Mais cet article ne se veut pas l'apanage de cet ouvrage, j'en suis bien incapable.

Notre monde est en crise. Crise économique, crise sociale, crise de sens, crise politique, crise financière... Ce mot est dans toutes les bouches et est décliné selon l'environnement où nous sommes. Dans ces conditions, nous serions tentés de penser que  dans ce monde, s'il y avait bien un lieu immuable, un roc infranchissable, une citadelle imprenable.... c'était bien l'Eglise catholique. Tant son discours officiel paraît bien ferme, son pape droit dans ses bottes, et la Curie bien en cour, certaine d'avoir les promesses de vie éternelle. Et voilà qu'un geste de "paternelle miséricorde" produit son inverse. Au lieu de rassurer, de consoler, de réjouir en constatant la volonté de dialogue du Pape avec les disciples de Monseigneur Lefevre, il met en colère un certain nombre de chrétiens, dont des prélats importants, irrités par le manque d'ouverture et de clairvoyance dans ce dossier. Soit ! Que le Pape accorde son pardon et lève une sanction canonique, passe encore, c'est son droit le plus strict, mais qu'il ne vérifie pas, ou que ses services ne l'informent pas, que ce pardon va être donné à une personne négationniste, c'est non seulement hallucinant mais grave. C'est impensable à l'heure d'Internet et lorsque l'on connaît un peu le réseau diplomatique de l'Eglise catholique. Peut-être devrions-nous proposer à Benoît XVI et à ses collaborateurs (sans mauvais jeu de mots) de méditer sur la phrase de Saint Paul dans la première épitre aux corinthiens : "Tout m'est permis, mais tout ne m'est pas profitable" '1Co6, 12).

Ce qui est agaçant, au delà du négationnisme de l'evêque Williamson, c'est cette désagréable impression que c'est toujours aux mêmes que l'on fait des concessions, que l'on ouvre la porte et voir qu'on s'applatit. Après le motu proprio permettant la célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite, la permission donnée aux prêtres de célébrer ce dernier sans en référer à l'évêque du lieu, voilà la levée de l'excommunication. Il y a dans l'Eglise d'autres courants, moins bruyants peut-être, plus obéissant parce qu'ils ont peut-être un sens de la communion plus idéalisé a qui rien n'est permis sauf de se taire. L'ordination des femmes par exemple, Jean-Paul II a remis le dossier aux oubliettes, on en parle plus, fini. Ouvrir le débat sur l'ordination des hommes mariés ou le mariage des prêtres.... celà non plus on en parlera une autre fois tel les athéniens avec Paul à l'aeropage. Pourquoi, il y a t'il deux poids, deux mesures. Je pensais avoir compris que l'Eglise était une et indivisible. Ou bien encore le refus de la communion aux personnes divorcées remariées. (l'Eucharisit est un  sacrement de guuérison...). Pourquoi dans ce cas créer des tensions inutiles alors qu'il serait plus utile de mettre notre énergie à la mission et à l'annonce de la joie de croire. Non pas d'une manière prosélyte, en refaisant chrétiens nos frères, mais d'une manière essentiel en étant pleinement ce que nous sommes avec nos comtemporains. N'est-ce pas à celà que nous invitait le Concile Vatican II dans les premières ligne de la Constitution Pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium et Spes) : "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur. Leur communauté, en effet, s'édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit-Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire."

Comme d'autres, je m'inquiète de cette tournure que prend l'Eglise et j'ai du mal à m'y reconnaître. Je me refuse de quitter le bateau, cela serait beaucoup trop simple. Heureusement que l'Eglise ne se réduit à la hierarchie, elle est aussi ce peuple de Dieu en marche, à la rencontre de la bienveillance du Père et de sa tendre miséricorde. Peut-être est-ce une chance, après tout car, pour reprendre les mots de l'ancien préposé général de la Compagnie de Jésus, Pedro Arrupe : "Une crise est une chance, parce qu’elle offre une nouvelle possibilité d’ouverture pour un meilleur service de la mission."

21.02.2009

Homo lupus hominis

Il y a des scènes dans certains films qui vous glacent le sang et vous font douter de l'intelligence de l'Homme. Celles-ci tirées du film Joyeux Noël en font partie. Nous seulement les "élites" de l'époque sont sourdes, aveugles mais les autorités écclésiastiques et militaires aussi. De la part des politiques et des militaires, la compréhension est assez facile. Lutte de pouvoir, d'influence, de territoire etc. Et puis la guerre c'est après tout leur métier. Cependant, de la part des écclésiastiques, comme de cet évêque qui sermone - sic - l'aumônier parce qu'il a choisi de célébrer une messe entre parties adverses le soir de Noël et incité à la fraternisation, c'est cauchemardesque.

Nous sommes en décembre 1914, l'Ecriture est tout de même arrivée jusque dans les mains des écclésiastiques et les appels à l'amour du prochain, à le comprendre etc. y sont bien écrit. Peut-être n'avons pas la même lecture de ces textes ? Alors, comment comprendre que ceux qui sont sensés - j'écris bien sensés - appellé à la réconciliation et à la paix entre les peuples se comportent comme des "fils des ténèbres" ? C'est à en perdre sa foi.... en l'Eglise peut-être - si ce n'est déjà fait - et à se réjouir que l'Esprit souffle, Lui, au-delà des sphères institutionnelles comme le prouve le courage de ces capitiane et de ce prêtre dans ce film. La fraternité n'est pas qu'un mot, nous sommes invités à essayer de la vivre et à mettre tout en oeuvre pour respecter, rencontrer, aimer l'autre. C'est un défi, une gageure cependant si chacun d'entre-nous fait un pas vers l'autre, à l'image de ces soldats de 1914, peut-être que la rencontre aura lieu et que nous pourrons, ensemble, batir la paix, une cité plus juste et plus fraternelle. Encore un rêve mais à quoi servirait la vie si nous ne la passions pas à faire que nos rêves deviennent réalité....

 

30.01.2009

Vous en voulez toujours plus

Peut-être avez vous vu, comme moi, sur les murs de nos ville une publicité pour la DartyBox intitulé : "Vous en voulez toujours plus". Cette publicité au-delà de son aspect mercantile (mais bon ce ne sont pas des philantropes) et agressive dans son design que l'on a du mal à lire m'irrite au plus au point. Simplement, et pardonnez cette tranche de vie, parce que j'ai fait l'erreur de les choisir comme fournisseur d'accès à internet. Quand cela fonctionne, pas de problème, une bonne connexion etc... Mais lorsque, par comble de malchance, votre ligne téléphonique rend l'âme, vous partez pour une aventure.

Depuis le 1er décembre, je passe mon temps avec leur service technique pour qu"ils résolvent mes problèmes de connexion. J'émet de sérieux doute sur leur capaciité de compréhension. J'ai beau leur raconter l'historique - qu'ils voient d'ailleurs a travers les 40 messages suite à mes appels, mais ne prenne pas le temps de les lire - leur apporter une solution simple, apparement cela ne leur suffit pas. A chaque nouveau conseiller, une nouvelle version de l'aide qui va m'être apporté. Je tourne en rond depuis lors . Alors le contrat de confiance, le premier SAV de France etc. je veux bien mais les faits sont là. Je sais bien que c'est France Télecom qui est responsable des lignes. Mais, diantre c'est le boulot du SAV d'activer FT non ?

Alors, avant d'en vouloir toujours plus, je désire juste que connexion fonctionne. Mais, c'est peut-être trop demander...

 

12.11.2008

Agacement

C'est avec un certain agacement que je lis ici ou là la nomination de Pierre N'Gahane comme préfet des Alpes-de-Hautes-Provence. Je n'ai rien contre cet homme, que je n'ai pas l'honneur de connaître. Cependant, ce qui m'hirisse le poil (à gratter lol) c'est que l'on proclamme haut et fort qu'il est originaire du Cameroun et d'origine africaine. Bien, j'en suis fort aise mais sous prétexte d'Obamania, il faut absolument faire sortir du lot un "noir" comme une autre fois un préfet musulman. Lorsque l'on nomme un préfet est-ce que son origine et sa religion sont mis en exergue. Je ne le pense pas.

Ce qui importe c'est que ce serviteur de l'Etat ait les compétences et les qualités requises pour assumer les fonctions pour lesquelles il vient d'être nommé. C'est le cas pour Pierre N'Gahane et je m'en réjoui comme je me contrefiche de savoir d'où il vient. Quand arrêterons-nous démagogie et de prendre le peuple pour des moutons. C'est positif de constater que la France est riche de sa diversité mais nous n'avons pas attendu l'élection de Barack Obama pour le savoir. Ouvrons les yeux, même si au plus du haut de l'Etat il n'y a pas grande diversité, dans la société que nous fréquentons tous les jours nous en sommes témoins.

Egalement, arrêtons de vouloir mesurer la valeur d'un homme à ses études, sa couleur de peau, sa manière de parler c'est véritablement discriminatoire. Ce qui fait la valeur d'un homme c'est tout simplement (enfin simplement...) qu'il est un autre, un vis-à-vis, une personne avec qui le dialogue est possible et non un ennemi ou un concurent.

Ras le bol de ce foutage de gueule et vive l'Humanisme (mettre l'homme au coeur de la réflexion et de l'action)

 

29.10.2008

Frère du chemin

La crise financière qui sévit actuellement, cristallise autour de l'avoir. Comme cette question du travail du dimanche (faut-il tout le temps consommer, faut-il tout le temps faire la même chose). En fait, le problème de fond est celui de la gratuité. Problème essentiel de notre société qui cherche davantage le pouvoir, la main mise, le profit avant de chercher à Etre. Nous vivons véritablement une crise de l'être. Nous ne nous posons pas forcement les bonnes questions ou nous nous refusons peut-être tout simplement de nous les poser. Faut-il sans cesse courir après le temps, faut-il amplifier notre temps de travail, pour amplifier notre porte-monnaie ? (mon oeil...) ou le travail peut-il nous aider à être. Car certes c'est une activité économique mais c'est aussi un lieu de rencontre, un lieu de vie, un lieu qui nous donne de nous réaliser et de develloper notre humanité.

Avec certaine de celles que j'aime"La Vie c'est peu de temps pour apprendre à aimer" nous dit l'Abbé Pierre. Et si cette apprentissage nous le faisions davantage à la recherche de ce que nous sommes et pas de ce que nous pouvons avoir ? Et si nous nous souvenions de cette joie d'être ensemble, tout simplement ensemble, avec ceux que nous aimons du plus profond de notre être. Ceux pour qui nous franchirons les obstacles pour courir à leur rencontre, ceux pour qui la distance ne compte pas. Simplement parce qu'AIMER C'EST ETRE et qu'il n'y a pas de plus grand bonheur que d'être avec, tout simplement. Un regard, une présence, un sourire, même un fou rire autour de plaisanteries apparement puéribles font plus chauds au coeur que des monceaux d'or et d'argent. Oui c'est Etre qui compte, Etre avec, pour ne cesser de devenir soi puisque, une fois de plus, je martelle, encore et toujours que ce sont les autres qui vous font devenir ce que vous êtes. Ne cherchons pas plus loin, le secret du bonheur, ne cherchons pas plus loin ce qui peut nous rendre heureux. Simplement, savoir, non par l'intelligence de l'esprit, mais par celle du coeur, qu'il y a quelque part, quelques un(e)s qui vous aiment et que vous aimez.

Cet amour mutuel, partagé, échangé, multiplié n'est pas un hasard mais une rencontre. Rencontre qui ne cesse de nous faire être, rencontre qui nous fait savourer tout ce qui fait cette histoire batie au fil de la vie. J'ai la certitude qu'il n'y a pas de plus belle manière d'être dans cette vie que d'être, tout simplement, au quotidien, FRERE (ou SOEUR) DU CHEMIN.

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