08.11.2009
Plaidoyer pour cet « insaisissable vivre ensemble »
Plaidoyer pour cet « insaisissable vivre ensemble »
Il y a bien longtemps que je n'ai pas repris la plume politique. Je me suis imposé une sorte de carême scripturaire politique. Même si, j'avoue m'être défoulé, parfois, sur facebook. La raison de ce silence est un véritable ras le bol de la sur-médiatisation du pouvoir en place. Chaque jour, nous pourrions en écrire des pages et des pages sur ce cri provenant du Palais : « Merci de parler de moi, cela flatte mon égo si dense, et pendant ce temps là je poursuis mes petits coups en douce ». Je ne veux pas tomber dans le travers du « on nous cache tout », de la théorie des complots mais plus la France s'enfonce dans ses problèmes, plus le Palais nous sort des petites phrases, des coups bas, plus est envoyé devant les caméras un Frédéric Lefebvre déversant son fiel insultant et provocateur. Mais voilà, au détour de son discours sur l'agriculture, celui qui occupe la magistrature suprême depuis 2007 - par le choix de 53% des suffrages exprimés et d'une participatio
n record de près de 84% - a sorti la fameuse phrase, qui a fait le tour des médias : « J’ai été élu pour défendre l’identité nationale française ». Mon sang n'a fait qu'un tour. Qu'est-ce que cela veut bien dire, l'identité française et ce rapport à la terre. Je me suis d'abord rappelé mes cours d'histoire, et du sang « étranger » - qui soit dit en passant était aussi rouge que celui des Français - venu inonder la terre de France, pour la défendre. Je me suis souvenu également, de mon mentor en politique, de celui a qui je dois cet engagement, Bernard Stasi. Ce grand homme politique, à écrit en 1984 un ouvrage L'immigration, une chance pour la France puis en 2007 : Tous Français. Ces ouvrages m'invitent à réfléchir sur cette identité nationale française, j'y puise dans ce dernier des éléments pour la réflexion ci-dessous.
Tout d'abord, il me semble que les politiques, au lieu de fustiger par la petite phrase les déclarations du Président, devraient lui répondre : « chiche, parlons-en, discutons et réfléchissons ensemble ». Mais, voilà, le courage semble manquer. De même que pour faire une alliance entre « force de progrès » pour bâtir un projet audacieux et courageux pour une alternance en 2012 (mais là n'est pas mon propos). Qu'est-ce que signifie être Français aujourd'hui à l'heure de la mondialisation, de la construction européenne si difficile. Si cela veut dire que nous avons des parents, des grands parents et ce jusqu'à la nième génération qui ont cette nationalité, peu de monde alors y sont (le Président lui-même qui, soit dit en passant, est d'origine hongroise – sic ). La France géographiquement et culturellement est un terre de passage, de métissage, d'échange. Elle s'est construite (dans tous les sens du terme) sur des forces issues de l'immigration que nous sommes allés chercher ces dernières années ou qui sont venues pour se réfugier de conditions de vie désastreuses. Donc, cela ne veut pas dire grand chose au niveau purement administratif. Peut-être qu'il faut chercher au delà, dans une dimension que l'on aborde assez rarement en politique, parce que ce n'est pas électoralement correct ou rentable, les valeurs. Ces valeurs qui font que la France tient un rôle particulier dans le paysage international. Ces valeurs issues de 1789, qui font la grandeur et l'honneur de notre pays, cette invention que nous pouvons revendiquer haut et fort : les droits de l'homme. Ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas peuvent y trouver de quoi méditer et construire un à-venir pour notre pays. Voilà ce qui fait la France, une vision de l'Homme et des rapports entre eux. A partir de cela nous pouvons avoir un référentiel commun et y prendre appui pour construire le monde de demain.
A côté de cela, il y a l'argutie politique, facile et récurrente chez le Président, qui éveille au fin fond de notre être la bête qui a peur, et qui sommeille en nous et qui ne demande qu'à être réveillée. La Peur de la différence, que l'autre ne soit pas comme moi. Surtout si sa peau, sa langue, sa religion ne sont pas identiques aux miennes. Facile, beaucoup trop facile de faire de jeu là. C'est encore un lieu de combat politique certes mais avant tout humain. Pourquoi ne pas faire de cette différence une richesse, plutôt qu'un obstacle. Les religions ont ici un rôle à jouer. J'ai apprécié ces étals de pâtisseries devant les épiceries de Seine-Saint-Denis les soirs de Ramadan. J'aurai tant aimé m'inviter à ces festivités pour mieux les comprendre et bâtir avec mes frères musulmans ce « vivre avec » et non ce « côte à côte » ou bien encore pouvoir célébrer Kipour avec mes frères juifs. Ce ne fut pas possible mais j'aimerai tant que nous puissions vivre dans une démarche audacieuse de partage des cultures et des religions. Je suis sensible à ce que Bernard Stasi écrit à propos de l'inévitable et de l'indispensable construction, via une véritable audace politique, d'une mixité sociale empreinte d'une volonté ferme de bâtir un vivre ensemble : « Il suffit parfois de franchir le pas pour faire tomber les préjugés. Pour changer le regard. Pour trouver des convergences inattendues. C'est me semble-t'-il la première étape en direction d'une nouvelle fraternité française. Un préalable indispensable « (Tous Français, l'immigration, la chance de la France, Hugo&Compagnie, janvier 2007, p, 25). La fraternité, ne serait-elle pas une des valeurs piliers sur lesquelles notre République est bâtie ?
Quel sens prend cette valeur fondatrice de la France alors que l'on cherche à répertorier, incidemment, les « vrais français » des « faux français ». Ceux qui auraient le droit de rester et ceux qui n'auraient pas ce droit. La fraternité exige la transparence et l'égalité de traitement (tien c'est aussi une autre valeur fondatrice de notre république) et ce afin que la liberté soit vraiment respecté (voilà la boucle est bouclée). Il est vrai que nous ne pouvons pas « accueillir toute la misère du monde », pour reprendre l'expression malheureuse de Michel Rocard, mais nous avons un devoir de ne pas être responsable de plus de misère dans la manière dont nous accueillons ceux qui choisissent de venir en France. Là encore, nous devons agir avec le sens de la justesse et de la justice dans les mesures prises. L'actualité récente des afghans reconduits dans leur pays en est l'illustration. Quel honneur pour le pays des droits de l'homme d'exposer des personnes à la guerre. C'est presque une condamnation à mort déguisée. Il y a des manières de faire qui sont inacceptables de la part de pays qui se vante d'être civilisé et démocratique. Les expulsions à grand coup de forces policières me semble une atteinte au droit de l'homme. Nous rajoutons de la souffrance à ces personnes « déracinées ». Elles n'ont pas quitté leur pays, par plaisir, pour prendre des vacances, mais parce que cela leur paraissait une situation de moindre mal. De jeunes afghans témoignent que même si leurs conditions de vie en France sont rudimentaires, c'est bien mieux que de subir le feu des bombes. Encore une fois nous avons une histoire qui nous invite à une action responsable et honorable. Il me semble que nous prenons les problèmes non pas dans une perspective plurielle, qui nous interrogerait sur notre rapport au monde et sur l'effet de notre action mais une dynamique du côte-à-côte, problème après problème, et ce peut-être encore une fois pour faire du buzz. Ainsi, nous parlerons encore et encore de ce qui se passe au Palais et des actions, ma foi peu glorieuse, des courtisans de son locataire. Cependant, le problème des personnes en situation irrégulière demeure. Dans l'ouvrage cité plus haut, Bernard Stasi estime que « la France a besoin d'une éthique d'action et d'accueil s'appuyant sur des règles généreuses et fraternelles » (p. 86). Par exemple, il explique que la scolarisation des enfants est un démarche symbolique, de la part des parents, d'adhésion à la France. Avec lui, j'estime que les familles « sans papier », avec des enfants scolarisés ne devraient pas être expulsés. Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres propositions. Mais ce sont par ces enfants que l'intégration pourra passer. L'école est un formidable terreau pour apprendre la richesse et la différence de l'autre. Même si les enfants sont parfois terribles entre eux, c'est aux éducateurs (parents et personnels de l'Education Nationale) de travailler sur le respect et l'appréciation de la différence. La fraternité passe aussi par là.
La Présidence veut promouvoir l'identité nationale et l'intégration. Dans ce cas, qu'elle commence à respecter ceux qui demeurent en France. Il est difficilement acceptable que certains départements soient montrés du doigt comme des lieux « hors normes » (eg la Cité des 4000 à la Courneuve). Il est tout aussi inacceptable qu'ils y aient sur le Territoire des zones de non droits. Mais avant d'intensifier la présence policière, à grand renfort de CRS, ne serait-il pas mieux de privilégier les associations de quartiers, les instances de médiation favorisant la connaissance mutuelle et la formation des habitants. S'il n'est pas donné les moyens de s'intégrer aux personnes de issues de l'immigration, il est évident qu'elles ne se sentiront pas chez eux. Pourtant, ils ont choisis cette France, qu'ils aiment, bien souvent, tout autant que leur pays d'origine. Acceptons, une fois de plus, que leur différence soit une richesse et pas seulement culinaire. Par exemple, ils ont des traditions religieuses, littéraires, coutumières que nous ne connaissons pas, au lieu de les fustiger et de leur demander de faire « comme les bons français », allons à leur rencontre, demandons leur de nous expliquer, de nous former. L'échange de savoirs peut et doit contribuer à faire l'unité du pays. C'est aussi aux médias d'exercer une vigilance. Dernièrement, le maire de Pantin, Bertrand Kern, évoquait, à juste titre, la récurrente illustration, par ces derniers, du « quand ça va mal » par la Seine-Saint-Denis. C'est non seulement agaçant mais à la limite insultant pour ses habitants. Ce département bouge, change comme la France. Ne restons pas dans des préjugés, dans un confort intellectuel bourgeois. Ayons le courage de nous bouger pour le changement. En Seine-Saint-Denis, certes il y a des quartiers difficiles, mais il y a aussi des personnes qui y vivent et travailent dans une quiétude et un confort de vie. Les politiques tâchent de changer cette image, non pas en éradiquant ce qui gène mais en cherchant à associer la diversité des populations. C'est dans la rencontre, dans le brassage, dans la construction difficile mais passionnante de la mixité sociale que nous ferons de la France ce pays que tant nous envient. Ce ne sont pas quelques mesurettes médiatiquement rentables qui feront que les personnes issues de l'immigration pourront lutter contre la stupidité des préjugés des recruteurs. Un candidat doit être jugé sur ses capacités pour le poste et non sur son facies ou son nom. Un CV anonyme ne changera rien c''est aller à la facilité, Il y a des lois en France, il faut les faire appliquer et donc sanctionner sévèrement les employeurs qui procèdent ainsi. Ce n'est certes pas facile, cela demande une vigilance accrue de la part de tous. Il ne s'agit pas non plus de tomber pour le coût dans la dénonciation « positive » (qui aurait des relents de Vichy). Demeurons attentifs à l'autre, même dans ses comportements irrespectueux. Sachons lui en faire la remarque, c'est aussi cela la fraternité et c'est promouvoir l'idée de justice. Être juste c'est agir dans la promotion de la dignité de l'Homme. A ce propos, il est étonnant que les forces de police ne me contrôlent jamais au coeur des Halles à Paris. Serait-ce parce que je suis blond aux yeux bleus, avec un style plutôt classique ?
Identité nationale et immigration sont bien liées et un ministère alliant les deux n'est pas si stupide s'il n'était pas en fait un ministère de la désintégration du lien sociale, de la décomposition de la différence et de cette belle richesse qui fait la France. Ce ministère aujourd'hui exacerbe la différence au lieu de la promouvoir. Aujourd'hui la politique menée en terme d'immigration fait insulte aux traditions d'accueil multiséculaires qui ont fait la France. Il ne s'agit pas, une fois de plus, d'accueillir tout le monde, mais peut-être de permettre à ceux qui veulent venir en France de motiver leur demande et de mettre tous les moyens à leur disposition pour qu'ils s'intègrent et réalise leur rêve de devenir Français. Il m'apparaît, comme à Bernard Stasi, que l'immigration est bel et bien une chance pour la France à la condition qu'elle nous bouscule dans notre quotidien et que j'accepte de faire une place à l'autre qui vient de me déranger. Cet autre qui a bien souvent le courage, la pugnacité, l'enthousiasme de vouloir s'en sortir. Simplement, comme une revanche, comme un fanal qui viendrait nous dire qu'il aime cette France, qu'il veut la servir et y demeurer comme n'importe quel « Français de souche ».
Merci à mon ami, Bernard Stasi, pour ces belles lignes. Merci de long combat contre toutes les formes d'exclusion, merci à lui de donner comme message aux politiques actuels que les valeurs doivent avoir la priorité sur l'électoralisme. Il faut mieux perdre une élections que de perdre ses convictions, cependant il est bon de gagner une élection grâce à ses convictions. Les belles phrases, les belles déclarations et les beaux campements sur des positions aussi stériles que stupides tournant autour du « moi je, moi d'abord » ne font pas honneur à la France. Terreau des plus belles batailles pour un monde meilleur et inventeur de cette promotion de l'homme et de tout de ce qui fait l'homme. En refermant ce livre, je me réjouis d'avoir lu ces pages réalistes, honnêtes et convaincantes. Je regrette que seulement que des hommes comme Bernard Stasi n'existent plus – et pas encore – pour faire entendre à la France un message de véritable espérance. « Ensemble, tout est possible » disait le slogan de campagne du Président actuel. Il ne s'y est pas trompé mais ne l'applique pas, ou alors cet « ensemble » ne signifie pas la même chose pour lui et pour moi. Oui, c'est ensemble, avec toutes les hommes et les femmes de progrès, habités par une haute idée de la France pour la promotion de la justice pour chacun, que nous pourrons former une alternance au pouvoir actuel. Je forme aujourd'hui ce voeux et j'espère que mon espérance ne sera pas déçue.
Les derniers mots de cet article, je les laisse à l'auteur de Tous français comme en testament de son long combat pour la dignité de l'homme et de la France : « La France tout entière doit bouger et elle doit bouger maintenant, sans attendre, sinon elle se crispera autour de revendications communautaristes qui ne feront qu'accroître les tensions » (p. 132)
Pierre-Baptiste Cordier
08/11/2009
21:02 Publié dans Hommages, Vie de la cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : stasi, ensemble, cds, immigration, identité nationale, tous français
07.11.2008
Barack H. Obama:l'Histoire en marche
C'est avec grande joie et immense soulagement que j'ai appris, comme beaucoup, le nom du 44ème Président des Etats-Unis : Barack Hussein OBAMA. Non sans humour, les grands électeurs ont choisi de mettre leur avenir, et celui de tout le peuple des Etas-Unis entre les mains d'un homme qui a pour second prénom, le nom d'un de leur ennemi juré (bien que défunt). Cette homme est également métisse dans sa peau, mais aussi dans son origine. Les médias l'ont souligné en en faisant des tonnes et j'aime assez la précision "Non, non il n'est pas noir, il est métisse". Ralala les doux euphémismes pour ne pas oser dire les choses en l'état. Que cet agacant cette langue de bois, ce poliquement correct. Même si cela peut être savoureux s'il on comprend cela non comme un euphemisme mais comme une réalité qui dépasse les clichés noir/blanc... Enfin, là n'est pas l'essentiel. Il n'est pas non plus dans le fait qu'il soit noir ou jeune ou beau ou je ne sais quoi encore. Il est lui-même, fruit de son éducation, de ses convictions, de sa famille. Sa victoire est celle de la démocratie d'une part mais aussi celles d'idées neuves, d'un renouveau pour les Etats-Unis. En tout cas, nous y mettons notre espérance. Cependant, Barack Hussein Obama n'est pas le messie, ni superman. Il ne va pas révolutionner l'Amérique et le monde. Même si l'enthousiasme de son élection est savoureuse, et même si je la partage, la prudence est de mise. Simplement, parce que la Politique ne se règle pas à coup de baguette magique, ni de belles paroles. Il me semble que le nouvel élu en a conscience comme de la pression que chacun lui met sur ses épaules.
Intéressant aussi cet engouement français pour Barack Hussein Obama, comme si nous l'élisions à la tête du pays... Amusant ces sondages tout au long de la campagne pour savoir si les Français étaient prêts à voter pour un noir. Si maintenant, nous faisons nos choix politiques par des critères de couleur c'est n'importe quoi, bientôt après les quotas féminins nous allons avoir des quotas de couleurs. Arrêtons le communautarisme, le choix de l'électeur se porte sur la qualité intrinsèque du candidat et pas parce que il est grand, beau, fort, intelligent ou je en sais quoi d'autre. Cela peut jouer sans doute dans le jugement mais là n'est pas le coeur du choix. Enfin, j'ose y croire sinon c'est à désespérer.
Bref, souhaitons au nouveau Président des Etas-Unis, un mandat fructueux. Puisse t'il avoir cette même lucidité que pendant la campagne. Espérons que le pouvoir ne change pas un homme. Là aussi est mon espérance... Les Américains, le monde à besoin d'entendre autre chose que les mêmes sempiternelles mélodies, et Barack Obama vient apporté ce sang neuf, cette nouveauté. Encore une fois, les Américains ont prouvé leur avance sur le reste du monde par le choix qu'ils viennent de faire. Comme quoi, le slogan, de N. Sarkozy du bon : Ensemble, tout est possible mais j'avoue préférer la version du futur nouvel occupant de la Maison Blanche : "YES WE CAN".
23:40 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack hussein obama, chicago, yes we can, messie, démocrate, bush, usa
29.10.2008
Frère du chemin
La crise financière qui sévit actuellement, cristallise autour de l'avoir. Comme cette question du travail du dimanche (faut-il tout le temps consommer, faut-il tout le temps faire la même chose). En fait, le problème de fond est celui de la gratuité. Problème essentiel de notre société qui cherche davantage le pouvoir, la main mise, le profit avant de chercher à Etre. Nous vivons véritablement une crise de l'être. Nous ne nous posons pas forcement les bonnes questions ou nous nous refusons peut-être tout simplement de nous les poser. Faut-il sans cesse courir après le temps, faut-il amplifier notre temps de travail, pour amplifier notre porte-monnaie ? (mon oeil...) ou le travail peut-il nous aider à être. Car certes c'est une activité économique mais c'est aussi un lieu de rencontre, un lieu de vie, un lieu qui nous donne de nous réaliser et de develloper notre humanité.
"La Vie c'est peu de temps pour apprendre à aimer" nous dit l'Abbé Pierre. Et si cette apprentissage nous le faisions davantage à la recherche de ce que nous sommes et pas de ce que nous pouvons avoir ? Et si nous nous souvenions de cette joie d'être ensemble, tout simplement ensemble, avec ceux que nous aimons du plus profond de notre être. Ceux pour qui nous franchirons les obstacles pour courir à leur rencontre, ceux pour qui la distance ne compte pas. Simplement parce qu'AIMER C'EST ETRE et qu'il n'y a pas de plus grand bonheur que d'être avec, tout simplement. Un regard, une présence, un sourire, même un fou rire autour de plaisanteries apparement puéribles font plus chauds au coeur que des monceaux d'or et d'argent. Oui c'est Etre qui compte, Etre avec, pour ne cesser de devenir soi puisque, une fois de plus, je martelle, encore et toujours que ce sont les autres qui vous font devenir ce que vous êtes. Ne cherchons pas plus loin, le secret du bonheur, ne cherchons pas plus loin ce qui peut nous rendre heureux. Simplement, savoir, non par l'intelligence de l'esprit, mais par celle du coeur, qu'il y a quelque part, quelques un(e)s qui vous aiment et que vous aimez.
Cet amour mutuel, partagé, échangé, multiplié n'est pas un hasard mais une rencontre. Rencontre qui ne cesse de nous faire être, rencontre qui nous fait savourer tout ce qui fait cette histoire batie au fil de la vie. J'ai la certitude qu'il n'y a pas de plus belle manière d'être dans cette vie que d'être, tout simplement, au quotidien, FRERE (ou SOEUR) DU CHEMIN.
21:15 Publié dans Hommages, Libres propos | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, rencontre, hasard, chemin, crise financière, emmaüs
22.10.2008
Soeur Emmanuelle
Soeur Emmanuelle a rejoint la maison du Père, lundi 20 octobre 2008. Beaucoup de témoignage lui ont été rendu avec éloquance et justesse de ton.
Le Président de la Fondation de l'Armée du Salut, association qui oeuvre dans le meme sens que soeur Emmanuelle, a écrit à sa supérieur provinciale pour lui témoigner de "toute l’estime, toute la reconnaissance que l’Armée du Salut lui manifeste." Voici le texte de la lettre, tiré de son site Internet.
Ma mère,
L’engagement de sœur Emmanuelle en faveur des plus pauvres et des plus déshérités témoigne de l’importance de nous faire sans cesse plus proche de chacun de nos contemporains. Avec une énergie inlassable, elle n’a jamais cessé de dénoncer et de combattre les injustices de notre temps.
Sa proximité avec les plus pauvres, notamment les enfants, son insistance à nous faire comprendre que ceux qui sont rejetés par notre société ont beaucoup à nous apprendre. Cela nous incite à continuer ce combat contre toute forme de pauvreté et d’injustice.
Alors qu’elle vient de décéder, je tiens à vous exprimer toute l’estime, toute la reconnaissance que l’Armée du Salut lui manifeste.
Puisse son exemple, son engagement et son respect pour chaque homme devenir ferment d’une société qui s’intéresse d’abord à l’homme et à son devenir.
Je vous adresse, ma Mère, ainsi qu’à chacune des sœurs de votre congrégation, ma profonde sympathie et ma proximité dans la peine qui vous touche.
Alain Duchêne, président de la Fondation de l'Armée du Salut
22:13 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : soeur emmanuelle, caire, nd sion, alain duchêne, armée du salut
10.10.2008
Ulysse from Bagdad
Sur le web, nous faisons parfois d'heureuse rencontre? Je ne parle pas des sites professionnels tels meetic ou autres mais du surf qui vous amène sur un page non visitée depuis longtemps. C'est ainsi que je découvre que mon auteur préféré Eric-Emmanuel Schmitt va sortit en novembre prochain un roman d'aventure intitulé Ulysse from Bagdad. Je ne vous cache pas que j'ai hâte de le dévorer.
Cependant, en allant plus loin dans le site je me réjouis que sa pièce le visiteur, par laquelle j'ai découvert cet auteur va être jouer en région parisienne mais surtout qu'il a écrit une dictée pour l'Association Européenne contre les Leucodystrophies . Non seulement, c'est un acte fort généreux de mettre son talent au service d'une noble mais le texte est vraiment très beau.
De l'argent et une minute pour espérer. L'espérance et non de l'espoir. Voilà peut-être ce qui nous manque peut-être dans notre monde. Nous pouvons (si nous en avons les moyens... sic) acheter, acheter et encore acheter ce que l'on voudra mais ce qui ne s'achetera jamais c'est le temps que nous consacrons aux autres, c'est l'énergie que nous dépensons par pure gratuité parce que l'on croit simplement en ce que nous faisons. C'est, avant d'être une histoire de foi ou d'engagement religieux, une histoire d'humanité, une histoire de croyance en l'Homme. Nous sommes tous porteurs d'espérance, il faut peut-être faire un effort et se convaincre que malgré "la crise" ou les tristesses ou desagrements quotidens, l'Etre humain est porteur de beauté. Ce n'est pas de l'angelisme ici, c'est éviter d'entrer justement trop rapidement ou définivement dans la desespérance.
Oui, l'espérance c'est ce qui nous manque le plus et ce beau texte d'Eric-Emmanuel Schmitt est porteur de cette espérance. Merci alors pour encore un beau texte et en guise de conclusion, je m'autorise à reprendre la sien : "Souvent le rêve partagé finit par créer de la réalité."
22:49 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ee schmitt, oscar et la dame rose, ela, espérance, espoir, le visiteur
Cambrai, baie des anges...
Il y a des endroits où l'on a planté sa tente, par les coïncidences de la vie, desquels il est très difficile et délicat de partir. Cambrai en fait partie. Je n'ai pas vraiment choisi de quitter la capitale des bétises et même si j'y suis parti de c'est pas de gaïté de coeur. La vie professionnelle, tout spécialement en cette période, nous pousse à faire des choix malgré soi. Mais voilà, il y a un temps pour tout nous dit une vielle sagesse.
Je tiens à confesser mon affection à cette ville, j'y ai servi pendant 3 ans. Trois ans c'est peu et c'est beaucoup. Je ne ferai pas l'inventaire de toutes ces rencontres, de toutes ces passions, de tout ces combats menés dans le Cambrésis. Peu importe les victoires ou non remportées, ce qui compte c'est d'avoir essayé d'avoir été en cohérence avec ce que je porte comme passion, comme motivation. Quand je pense à Cambai, je ne peux pas m'empêcher à la fameuse citation d'Alfred de Musset dans On ne badine pas avec l'Amour et tout spécialement à la pointe du texte : même si j'ai souffert, même si je me susi trompé, même si.... Et pourtant, j'ai aimé et c'est moi. Voilà ce qui compte avant tout dans la vie, c'est de faire les choses avec amour, avec passion, avec conviction. Le reste, bah c'est le reste. J'ai fait des erreurs, j'ai sans doute été maladroit dans mes paroles, dans mes relations. A celles et ceux qui liront ces lignes et se sentiront concernés je tiens à demander pardon. Je ne suis pas parfait (Dieu merci !) et je tâche d'apprendre de mes erreurs. J'ai juste essayer d'être vrai avec ce que je porte avec ce qui me guide dans cette vie que je tâche de tracer.
Je ne sors pas indemne de Cambrai, mon coeur y est et j'espère y restera, non pas comme celui d'Elizabeth de Hongrie, en cendres dans un reliquaire (lol). Je crois en la valeur, en la force et en la vertu de la fidélité. Je sais que ceux avec qui j'ai lié amitié, ceux avec qui j'ai choisi de partager ma fraternité, mon affection me demeureront fidèles malgré l'éloignement. Choisir ce n'est pas perdre, contrairement à ce que l'on peut entendre ici ou là. Choisir c'est tâcher d'avancer librement vers l'avenir sans oublier, oh que non, sans oublier, même si celà peut faire mal, le passé. C'est le passé qui éclaire le présent et nous donne de bâtir l'avenir. Ce que nous lions par le coeur, nul ne peut le détruire. Pardon, pour ceux qui sont amateurs de passades et oublient, zappent et avancent en ne pensant qu'à leur carrière, leur intérêt personnel. J'espère ne pas être de ceux là, et si jamais je le devenais je compte sur ceux avec lesquels je partage mon amitié pour me le signaler.
Merci alors aux Cambrésiens, aux Cambrésiennes, merci à ceux et celles qui m'ont fait aimer cette ville, merci à ceux qui n'ont jamais cesser d'être là même dans le silence, même dans l'absence de mots, de présence effective. Il y a des personnes dont vous savez, secretement et malgré les apparences (qui sont souvent trompeuses) dont l'amitié, la fidélité, l'affection, le silence sont performatives. Ces personnes se reconnaitront j'espère. Je leur témoigne toute ma reconnaissance, mon affection et les assure de mon entier dévouement et de ma pleine et entière fidélité.
Cambrai est, en quelque sorte, la baie des anges !
21:43 Publié dans Hommages, Libres propos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cambrai, bétises, anges, cathédrale, coeur, elisabeth de hongrie, ba 103
20.08.2008
Il y a longtemps que je t'aime

Il y a longtemps que je t'aime restera un des plus beaux films, émouvant, intelligent, romantique, poignant que j'ai vu ces derniers temps. Je vous invite à courir le voir dans les quelques salles qui le passent encore. Vous ne serez pas déçus... enfin j'espère...
On en reparle avec joie ! En cerise sur le gâteau, la spendide chanson de Barbara : dis quand reviendras-tu en acoustique par Jean-Louis Aubert....
00:09 Publié dans Film, Hommages, Libres propos, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : il y a longtemps que je t'aime, nancy, aubert, lorraine, barbara, philippe claudel, kristin scott thomas
07.08.2008
Je vais bien ne t'en fais pas
For every step in any walk, any town of any thought
I'll be your guide.
For every street of any scene, any place you've never been
I'll be your guide.
Il est des livres qui ne vous laisse pas indem, celui d'Olivier Adam : Je vais bien ne t'en fais pas en fait partie. Une écriture qui donne à la fois de s'envoler et de s'attacher aux personnes. Une grande tendresse respire de ce drame, un grand respect de la douleur. Difficle de décrire, le musique d'Aaron ci-dessus, thème du film tiré du livre, dit bien ce côté tout à la foix mystérieux, doux, sensible.
A qui est-il possible de murmurer ces mots qui chapeautent cet article et qui peut nous les murmurer ? J'ai bien une petite idée mais je laisse le silence pour toute réponse... et place à cette belle et tendre chanson d'Aaron :
22:53 Publié dans Film, Hommages, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : olivier adam, aaron, u-lilly
17.07.2008
Ba Banga : mon frère
" Nous sommes tellement frères que notre sang est de la même couleur". Par cette phrase suvie d'un immense sourire, tout est dit de mon frère Ba Banga. Simplement, si j'ose dire, parce que la VRAIE fraternité est celle du coeur !. Passionné de la rencontres, passionné de musique, passionné de vie, Ba Banga vous change le regard et vous l'amène vers l'essentiel de la vie : le don de ce que l'on a aux autres.
Ba Banga ne se contente pas de jouer merveilleusement du Balafon chromatique et d'en être l'instigateur mais il vous fait communiquer la passion de cet instrument au service de son projet qui est de faire des autres des passes frontières. Frontières territoriales mais aussi bien cultuelles que culturelle. Il n'est pas là pour lui-même, il est là pour les autres, par goût, par passion, par amour.
Mon frère, heureux que cette terre de Cambrai, notre village, comme tu l'appelles, nous est appellé à cette rencontre. Heureuse terre qui plus que jamais me fait affirmer qu'il n'y a pas de hasard, qu'il n'y a que des rencontres.
Ton balafon est une vivante offrance à la louange de la vie. Il est, comme l'a composé pour toi sur le Cantiques des Cantiques, Pierre Charvet, la réponse exaltante, dynamique et exalté de l'Epouse à l'Epoux qui dit "Voici, je viens".
Mon frère, merci encore de ta musique, merci encore de ta chaleur humaine, de ta douceur, de ta fraternité. Promis, je viendrai, un jour, sans doute avec ton coach, en Côte d'Ivoire !
Bon vent et à très bientôt !
22:25 Publié dans Hommages, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ba banga nyeck, cambrai, balafon, keur moussa, juventus, cameroun, côte d'ivoir
23.06.2008
La joie des petites choses
Il y a des toutes petites choses qui transforment une journée, qui font qu'elle est différente des autres, qui vous marquera tout au long de votre vie. C'est une rencontre, un coup de fil, un courriel reçu... un tout petit détail qui vous font afficher un large sourire, qui vous dilate le coeur, qui vous rend joyeux. La vie vous réserve de belles surprises témoins de belles rencontres.
Un petit hommage à tout ce qui fait que la vie est quand même belle, après tout.... parce que ce n'est pas d'en faire beaucoup qui compte...
21:45 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : détails, petits riens, amitié, partage, journée




