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26.02.2009

Méditation sur l'Eglise



J'emprunte le titre de cet article au très beau livre à Henri cardinal de Lubac, sj écrit dans une autre situation de crise avant le second concile du Vatican. Ouvrage arride mais beau. Mais cet article ne se veut pas l'apanage de cet ouvrage, j'en suis bien incapable.

Notre monde est en crise. Crise économique, crise sociale, crise de sens, crise politique, crise financière... Ce mot est dans toutes les bouches et est décliné selon l'environnement où nous sommes. Dans ces conditions, nous serions tentés de penser que  dans ce monde, s'il y avait bien un lieu immuable, un roc infranchissable, une citadelle imprenable.... c'était bien l'Eglise catholique. Tant son discours officiel paraît bien ferme, son pape droit dans ses bottes, et la Curie bien en cour, certaine d'avoir les promesses de vie éternelle. Et voilà qu'un geste de "paternelle miséricorde" produit son inverse. Au lieu de rassurer, de consoler, de réjouir en constatant la volonté de dialogue du Pape avec les disciples de Monseigneur Lefevre, il met en colère un certain nombre de chrétiens, dont des prélats importants, irrités par le manque d'ouverture et de clairvoyance dans ce dossier. Soit ! Que le Pape accorde son pardon et lève une sanction canonique, passe encore, c'est son droit le plus strict, mais qu'il ne vérifie pas, ou que ses services ne l'informent pas, que ce pardon va être donné à une personne négationniste, c'est non seulement hallucinant mais grave. C'est impensable à l'heure d'Internet et lorsque l'on connaît un peu le réseau diplomatique de l'Eglise catholique. Peut-être devrions-nous proposer à Benoît XVI et à ses collaborateurs (sans mauvais jeu de mots) de méditer sur la phrase de Saint Paul dans la première épitre aux corinthiens : "Tout m'est permis, mais tout ne m'est pas profitable" '1Co6, 12).

Ce qui est agaçant, au delà du négationnisme de l'evêque Williamson, c'est cette désagréable impression que c'est toujours aux mêmes que l'on fait des concessions, que l'on ouvre la porte et voir qu'on s'applatit. Après le motu proprio permettant la célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite, la permission donnée aux prêtres de célébrer ce dernier sans en référer à l'évêque du lieu, voilà la levée de l'excommunication. Il y a dans l'Eglise d'autres courants, moins bruyants peut-être, plus obéissant parce qu'ils ont peut-être un sens de la communion plus idéalisé a qui rien n'est permis sauf de se taire. L'ordination des femmes par exemple, Jean-Paul II a remis le dossier aux oubliettes, on en parle plus, fini. Ouvrir le débat sur l'ordination des hommes mariés ou le mariage des prêtres.... celà non plus on en parlera une autre fois tel les athéniens avec Paul à l'aeropage. Pourquoi, il y a t'il deux poids, deux mesures. Je pensais avoir compris que l'Eglise était une et indivisible. Ou bien encore le refus de la communion aux personnes divorcées remariées. (l'Eucharisit est un  sacrement de guuérison...). Pourquoi dans ce cas créer des tensions inutiles alors qu'il serait plus utile de mettre notre énergie à la mission et à l'annonce de la joie de croire. Non pas d'une manière prosélyte, en refaisant chrétiens nos frères, mais d'une manière essentiel en étant pleinement ce que nous sommes avec nos comtemporains. N'est-ce pas à celà que nous invitait le Concile Vatican II dans les premières ligne de la Constitution Pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium et Spes) : "Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur. Leur communauté, en effet, s'édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit-Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire."

Comme d'autres, je m'inquiète de cette tournure que prend l'Eglise et j'ai du mal à m'y reconnaître. Je me refuse de quitter le bateau, cela serait beaucoup trop simple. Heureusement que l'Eglise ne se réduit à la hierarchie, elle est aussi ce peuple de Dieu en marche, à la rencontre de la bienveillance du Père et de sa tendre miséricorde. Peut-être est-ce une chance, après tout car, pour reprendre les mots de l'ancien préposé général de la Compagnie de Jésus, Pedro Arrupe : "Une crise est une chance, parce qu’elle offre une nouvelle possibilité d’ouverture pour un meilleur service de la mission."

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Commentaires

Hum hum pas mal ton analyse ...
Quant à cette citation des corinthiens, te souviens-tu du contexte ? A mon bon souvenir, celle-ci à été énoncé au sujet de la fornication des corps ... ;-)

Ecrit par : Pauline L. | 05.03.2009

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