04.12.2010

Vers un autre site

Bonjour,

Je continue à tenir un blog mais vers sur un autre site. Par conséquent, l'actuel ne sera plus mis à jour.

Toutefois, vous allez être dirigé d'ici quelques secondes vers le nouveau.

Merci de votre visite et à bientôt sur http://peube.wordpress.com

Pierre-Baptiste Cordier

 

 

25.11.2010

Pour une éthique de relation

Dans toutes nos relations, il ne faut pas oublier la primauté de l’humain. Nous avons tous à accomplir une tâche précise, une mission concrète. Cependant, celle-ci ne doit pas prendre le pas sur la qualité de la relation humaine que nous tissons..

Comme chrétien, nous sommes appelés à une vigilance extrême, à une chasteté dans nos comportements. Il est important de nous souvenir que nous ne devons pas mettre la main sur l’autre, le manipuler. L’autre n’est pas un jouet mais un alter-ego. Cette conviction, cette manière d’être se fonde non seulement sur le respect que nous devons manifester à l’égard de tous mais surtout sur le message que le Christ est venu nous apporter.

Contempler l’autre

En cette période de Noël, c’est la course, la bousculade organisé et nous avons encore moins le temps de contempler ce qui nous entoure. Pourtant, ce devrait être l’époque idéale. Ne serait-ce que par la beauté de nos rues, qui devrait nous pousser à nous arrêter et à regarder. Comme les mages qui scrutaient le ciel pour découvrir l’endroit où le Christ naîtrait, regardons-nous les uns et autres pour apprendre à découvrir comment le Christ naît en chacun de nous. Cette conviction doit-nous inviter à changer notre regard et notre manière d’agir envers l’autre. Il ne faut pas s’en tenir aux bonnes résolutions comme nous y poussent souvent les traditions de début d’année. Enracinons-nous dans le concret et osons faire le pas vers l’autre. Ce sont des petits gestes qui peuvent changer l’état de nos relations humaines. Peut-être passer d’un signe de la tête à une parole, de l’habitude de s’envoyer des mails à prendre contact de vive voix. Nous ne sommes pas des robots, mais des êtres faits de cœur et de chair. Notre vocation humaine est par essence tournée vers la rencontre et celle du chrétien consiste à aller vers l’inconnu.

L’ignorance est le pire des maux

Les personnes qui mendient dans le métro ou dans la rue sont souvent en rupture de lien. Ils n’ont pas d’endroit où trouver un face à face, un vis-à-vis qui leur donne de reconnaître qu’ils existent, qu’ils sont dignes d’affection et d’intérêt. J’imagine que si chaque passant, sans forcément leur donner de l’argent, offre un bonjour en les regardant, cela leur sera tout aussi bénéfique que la pièce ou le billet jeté dans la sébile par bonne conscience. Souvenons-nous des conditions où le Christ est né ; dans une mangeoire, au fond d’une étable, rejeté par tous. Seulement entouré de l’affection de ses parents. Il était pauvre mais pas seul, ni ignoré.

Jamais et tout particulièrement à Noël, personne ne devrait être ignoré ou seul. Cette fête est spécifiquement celle de la rencontre, du partage, de la joie. Puissions-nous mettre tout en œuvre pour vivre dans notre quotidien, cette urgence de la rencontre au travers une relation empreinte de respect et de bienveillance. Osons aller vers l’autre, c’est essentiel pour vivre debout.

22.11.2010

Benoît XVI : un prophète pour notre temps

Depuis samedi, chaque média se fait un plaisir de donner écho à l’un des extraits du livre d’entretien que le Pape vient de publier. Bien sûr, il s’agit de celui qui parle notamment du préservatif mais pas que. Cela fait tellement de buzz que la salle de presse du Vatican a du préciser les choses pour qu’elles soient vraiment comprises. Mais, une fois de plus là n’est pas le cœur du message du Pape. Il évoque bien d’autres choses qui sont essentielles à la vie de l’Eglise, à la vie du monde ; c’est ce que je comprends dans les extraits que le journal La Croix en donne.

Je choisis de ne pas revenir sur le préservatif et le Pape. Simplement parce que cela a été commenté maintes et maintes fois et que la position qu’il tient ne peut pas être autre. Ce qui me marque le plus dans les extraits parus c’est cette humilité du Pape. Nous avons tendance à le considérer comme un businessman, quelqu’un qui commande, dirige, décide tel un chef de guerre. Alors, qu’il est cet « simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur ». Etonnant, que ce Pape redise l’humilité et le sens intime de sa fonction. Notre monde est plus habitué à l’emphase, au bling-bling, aux déclarations majestueuses à la limite de l’arrogance des grands de ce monde. Par ses paroles et son attitude, il vient nous montrer le véritable sens du service dans l’église, se mettre à la suite du Christ. C’est là, il me semble, le véritable rôle du « serviteur des serviteurs » que de nous montrer le Christ. C’est également ce que Benoît XVI veut signifier lorsqu’il célèbre les mystères divins avec des ornements qui peuvent paraître d’un autre temps. Par cette élévation du sens du beau, il veut honorer Dieu et nous inviter à tourner notre regard vers Lui et non pas vers celui qui célèbre. Ce message nous suffirait sans aucun doute pour méditer sur notre mission chrétienne et sur le sens que nous donnons à notre foi dans notre vie quotidienne.

Ensuite, je retiens la lucidité du Pape sur le monde et sur les derniers événements qui ont secoué l’Eglise. Il est conscient de la gravité et les conséquences désastreuses sur l’image des ministres ordonnés du Christ. Il ne nie pas, ne contourne pas le problème mais assume tout en se tournant sur la force de Dieu qui traverse toutes trahisons, tout faiblesses mais qui pour autant n’efface pas celles-ci. Ces actes honteux et scandaleux ont permis à l’Eglise une conscience vive et des modes d’actions plus fermes afin non seulement que les auteurs soient jugés par la justice mais surtout que ces actes puissent être évités. Je trouve aussi pertinent – si j’ose dire – que le Pape dise que le Christ traverse nos faillites et les transforme ; c’est là il me semble le sens profond de la résurrection que nous proclamons à chaque fois que nous disons notre foi.

Quant à se perception du ministère pétrinien, il y a vraiment de quoi méditer. Non seulement, il témoigne de la force et de la nécessité de la prière mais aussi de la totale impuissance du Pape à la tête de l’Eglise. La force de ce dernier réside en son désir de fortifier ses frères et sœurs dans la foi sans pour autant mettre la main dessus. Il vit son ministère de conduite de l’Eglise dans une véritable chasteté et humilité. Dans ces mots, c’est vraiment l’homme de foi, de raison, de prière qui se dit. C’est un appel à nous décentrer, à nous laisser dépasser par ce qui n’est pas de ce monde. Le Pape nous signifie que le service du Christ n’est pas un mode d’emploi, mais un attachement à Sa personne qui se dit se vit avec ce que nous sommes. Sa manière de vivre l’autorité totalement orientée vers l’écoute et le respect de la volonté de Dieu ne peut qu’attirer le respect.

 

Les lignes lues dans la Croix ne peuvent que forger mon admiration et mon respect pour Benoît XVI. Peu enclin à la papophilie ou à la papolatrie, je dois admettre toutefois que ses mots ont saveur de l’Evangile. Rarement, j’ai autant apprécié des lignes de l’hôte du Vatican. Tout portait à croire qu’il serait plutôt sévère et porté sur un versant dur de la transmission de la foi lors de son élection. Là, son humilité, son courage, son abnégation me porte à penser que Benoît XVI est vraiment le Pape qu’il fallait pour notre Eglise. Il ne cesse de nous inviter à traverser le visible, le connu pour nous centrer sur l’unique essentiel le Christ qui lui nous conduit au Père par l’Esprit. Faisons confiance et à sa suite allons à celle de l’Unique maître, l’Eternel Seigneur de toutes choses.

08.11.2010

Habiter, comme chrétien, ce monde

Le disciple du Christ doit être au cœur de la lutte activement contre toutes les inégalités sociales. L’Ecriture nous invite sans cesse à exercer une vigilance intense envers l’orphelin, la veuve et l’opprimé. Nous ne pouvons donc pas nous désintéresser du monde, de ces enjeux. Comme chrétiens, habités du Christ, nous avons reçu mission de l’amener au monde.

Agir, comme chrétien, dans le monde d’aujourd’hui, n’est pas facile ! Il serait faux de dénoncer le manque de solidarité, de générosité tant le bénévolat a le vent en poupe. Nous ne pouvons que nous en réjouir, vu l’aide précieuse que ces bénévoles apportent à grand nombre d’association au quotidien. Là n’est pas l’apanage du chrétien, c’est celui de l’humanité qui se doit être fraternelle ; c’est un véritable enjeu pour l’avenir de nos sociétés.

Etre chrétien c’est se réclamer du Christ

Alors qu’est-ce qu’être chrétien ? C’est tout simplement se réclamer du Christ. Cela nous amène par conséquent à mettre nos pas dans les siens et à faire en sorte de le suivre, à l’image de ses disciples et apôtres. Cette « suite du Christ » nous amène à être solidaires et acteurs de ce monde en portant, au nom du Christ  le souci de la justice pour les plus fragiles. Les prophètes de l’Ancien Testament ne cessent de le répéter et de le démontrer. Aujourd’hui, l’urgence est de donner toute sa place à celui qui n’en a pas, pas même dans l’Eglise, afin qu’il puisse entendre parler de l’Amour de Dieu. L’injustice sociale ne cesse de se propager et en même temps se lève des défenseurs des droits qui n'oublient pas, en même temps, de rappeler l'existence de devoirs.

Cette urgence de la justice sociale est portée par de nombreuses congrégations religieuses et ONG. Même si leurs actions sont dynamiques, il est bien évident que nous n’avons pas à tout attendre d’elle. Il est important que ce souci d’une vie digne et meilleure pour chacun soit au cœur de nos vies, cela ne doit pas être un des nombreux axes de notre ministère mais bien celui qui guide tous les autres. C’est un combat de chaque jour que nous devons mener, sans nous laisser décourager par les événements. Le disciple du Christ doit agir avec sagesse, discernement et vigueur sans oublier que c’est Lui qui inspire et guide son action.

Agir comme le Christ lui-même

L’action est bien ce qui caractérise notre vocation chrétienne. Nous nous positionnons, au quotidien, comme acteurs responsables de ce monde en posant des gestes et prononçant des paroles qui font sens. Ce que nous faisons ou disons doit révéler en profondeur ce que nous sommes. L’humilité doit cependant conduire nos pas, sachant que, comme chacun, nous avons nos fragilités, nos faiblesses et qu’il nous faut compter sur la présence de nos frères et sœurs en Christ mais surtout sur la miséricorde du Père.

Habiter ce monde comme chrétien, cela signifie agir à la manière du Christ. L’Evangile de la multiplication des pains (Mc 6, 34-44) peut être pour nous une référence. Jésus est « pris aux entrailles » devant la foule affamée et confie à ses disciples la charge de les nourrir. Action réalisée sur la demande du maître et avec son aide, mais par les disciples et avec le peu de choses des bénéficiaires. C’est une base essentielle. Nous ne pouvons pas et ne devons pas faire sans l’apport de chacun. Cela est tout aussi vrai dans l’action sociale et dans le quotidien de nos vies. Le matériel de base de l’amélioration, c’est l’existant. De même que celui de la conversion est notre vie débarrassée de ses faux-semblants, des masques que nous arborons pour nous protéger.